La restauration de l’étang miroir

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Les travaux pour la restauration de l’étang miroir et de la fontaine en face du musée ont débuté au printemps 2015. L’entrepreneur pour ces travaux est Denys nv, c’est-à-dire le même que pour les travaux de musée. Au printemps 2016, l’étang sera à nouveau rempli et la fontaine entrera à nouveau en fonction.

L’occasion de revenir sur l’histoire de cet étang…

L’exposition de 1897
L’étang et les Jardins français ont été construits à l’occasion de l’Exposition universelle de 1897. Pour le concept, il a été fait appel, en 1895, au Français Elie Lainé. Il faut y voir la main de Léopold II qui a régulièrement fait appel à cet architecte de jardin pour lui confier des missions spécifiques. Il a travaillé à Laeken et à Ostende, a dessiné le Parc de Woluwé ainsi qu’une série de plans pour Tervuren. À Tervuren, il a donc d’abord dessiné ce que l’on appelle les Jardins français.

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Un étang miroir
Lainé a conçu un plan en faisant un usage salutaire d’un terrain en pente mais tout en lui imprimant un ordonnancement rigide. Au centre, entre le Palais des Colonies et la Plaine de Jeux, il intègre un étang en ellipse, d’une longueur de 135 m. Cet étang est appelé « l’Étang miroir » même si l’on peut estimer que ce nom a dû lui avoir été donné après la construction du bâtiment du musée en 1910. Sa façade se reflète en effet extraordinairement bien à la surface de l’eau. Autour de l’étang, Lainé a dessiné un canevas de parterres de fleurs, de pelouses et de chemins de promenade, parfaitement symétrique et précis. Il a prévu une percée avec des parterres aménagés en terrasses et des escaliers menant aux étangs du Parc. En contrebas, un autre étang est creusé. Il relie les parterres au reste du Parc et surtout au canal datant de 1755. Pour ne pas interrompre la drève, un pont en fer est placé au-dessus de cet étang.

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Les travaux
Les plans ont été exécutés par l’entrepreneur Fichefet sous la direction de l’inspecteur général Victor Besme qui suivra les conceptions d’Elie Lainé. Des difficultés inattendues ont surgi. En creusant l’étang inférieur, on est tombé sur des sables mouvants, ce qui a entraîné un important surcoût. On a dû enfoncer nombre de palplanches et un épais mur circulaire a dû être construit avec des pierres récupérées au Pavillon détruit du Prince d’Orange.
La fontaine de l’Étang miroir n’a été installée qu’après que l’exposition ait atteint son point d’orgue. C’est le sculpteur Jean Herain, d’Ixelles, qui a reçu la mission du ministre des Travaux publics et des Beaux-Arts de placer dans le « bassin miroir » une « vasque fontaine ». Par un contrat sur papier timbré du 10 août 1897, le sculpteur s’engage à prester le travail pour le 10 septembre 1897. Le travail fut prêt à temps.

 

D’après Maurits Wynants, Des Ducs de Brabant aux villages Congolais : Tervuren et l’Exposition coloniale 1897. (1997)